L'EAU
DE LA VIE
C'est le fil conducteur qui nous a emportés au gré de nos rivières, toute la soirée de samedi 20 février 2010.
L'équipe du FlyFishingClub 06 s'est mobilisée autour de ce thème, chacun apportant sa contribution par sa présence, la fourniture d'un écran TV, d'un ordinateur, ses idées, ses conseils....démarches en mairies, prêt de matériel organisation et gestion globale, assurée de main de maître par Christine et Jean-Jacques ! Merci à tous.
Sous la houlette de Jean louis Teyssié, spécialiste incontestable de notre environnement, 22 personnes se sont réunies pour partager avec Jean-Louis, sa passion, ses expériences et ses inquiétudes.
Au moyen de diaporamas, d'une exposition de tableaux, d'un aquarium, l'eau de la vie s'articule, s'anime et s'inscrit d'ores et déjà comme la première d'une longue série...




Dans les bagages de Jean-Louis, une série de tableaux de 
mouches artificielles de belle facture, de quoi satisfaire
ceux qui avaient simplement envie de regarder
et... un aquarium...pour le plaisir de Théo !

Brève histoire de l'origine de l'eau née des étoiles 
plongée avec un masque et un tuba ; vivre le milieu aquatique avec patience et émerveillement...
Partager ses observations avec les autres...c'est la motivation de Jean-Louis.
Traquer les aberrations écologiques, les contaminations, les pollutions, former et informer, tels sont ses buts.
Mais c'est aussi, des prises de vue subaquatiques, qui célébrent la beauté de cette Nature ,et la vie qui y réside.
Alors, l'alchimie de l'esthétique, la connaissance,la passion, le savoir, font leur travail, marquent les esprits, sensibilisent, et font prendre conscience de la fragilité de tels milieux.
Une soirée riche et fascinante, haute en couleurs et porteuse d'espoir...
Tant de belles images, demandant à être un peu assimilées, c'est autour du buffet que les conversations s'animent alors, et que les échanges se passent.


En fin de soirée, à la demande générale, Jean-Louis s'installe dans un coin de la salle et monte quelques imitations, qui, retransmises sur grand écran, permettent à chacun de suivre les différentes étapes magiques du montage de mouches !



23h30 viennent mettre fin à cette extraordinaire soirée , temps fort de partage avec Jean-Louis qui nous a livré ses sentiments inspirés par ces magnifiques poissons « sentinelles de l'eau », comme il se plaît à le dire...
Tout commença par la métamorphose des trichoptères et leur tâche purificatrice.

Ces petits groupes de fourreaux pas bien loin de la surface de l'eau, constitués de graviers et de brindilles, définissent les ressources alimentaires de la rivière. Tous recouverts, avant l'expulsion d'une petite pierre de poids identique. Au bon moment, celle-ci bascule, la tête du trichoptère jaillit, la bulle céphalique se forme, permettant à la nymphe de se maintenir à la verticale.Une deuxième bulle, présente au fond du fourreau , propulse la nymphe à l'extérieur. Les malchanceuses qui ne possèdent pas de bulle céphalique, tombent directement au fond de l'eau, et deviennent des proies faciles.
Les animaux qui muent, laissent des traces : les EXUVIES, indiquant l'état de santé des rivières et révèlant l'historique des éclosions.
Cette étape dans la croissance de certains insectes, génère des effluves spécifiques qui attirent les truites, et permettent aux pêcheurs, qui savent lire l'eau, de choisir des imitations de mouches adaptées.
La mue est une période difficile pour les insectes. C'est un peu comme s'ils changeaient de peau. Leur abdomen est à ce moment là très mou, poreux, il se gonfle d'eau. La qualité de cette dernière doit d'ailleurs, à ce moment précis , être irréprochable sous peine de contamination par osmose. A chaque mue, cette odeur particulière, informe le poisson qu'une larve bonne à dévorer n'est pas très loin. On peut rencontrer des exuvies au fond de l'eau, mais aussi à la surface.

Jean Louis n'oublia pas également,de nous montrer quelques belles écrevisses , qui sont d'habiles nettoyeuses des rivières, mais qui se font malheureusement , de plus en plus rares.
Particulièrement, aux abords des zones urbanisées et des routes goudronnées, qui, par lessivage et ruissellement en période de pluies polluent nos chères rivières.
Ces jolis crustacés sont très sensibles aux métaux lourds.
Le braconnage tout au long de l'année, aussi , met l'espèce des écrevisses à pattes blanches en danger !
Détruire les écrevisses, c'est casser le filtre biologique d'une rivière !!
La petite pointe d'agacement perceptible dans la voix de notre interlocuteur est bien justifiée.

Il nous décrivit ensuite la belle histoire du début de la vie, de l'œuf à l'alevin, sans omettre pour information que la nature qui, d'habitude prévoit tout, là, est un peu dépassée.
Elle manque de protection contre les polluants qui fragilisent énormément les œufs. Des effets secondaires imprévisibles, peuvent apparaître dans la vie des poissons.
En même temps de très belles photos d'œufs embryonnés et de larves défilent pour étayer le sujet.

Le cycle de la vie commence, évolue, le poisson grandit, encore de magnifiques photos de rivières nous réjouissent, telles que celles du Cians paré de ses chaudes couleurs rougeâtres.
A ce moment là, notre animateur, en profite pour nous faire deviner où le poisson se cache, et parle du phénomène de mimétisme bien connu dans le milieu sauvage.
Les robes dont les pigments s'harmonisent en fonction du monde extérieur.
Une truite aveugle, ne peut se cacher nous dit-il, alors qu'une truite en bonne santé est à peine visible au fond de la rivière !
Souvent, le pêcheur cherche au loin le poisson qui est en fait... à ses pieds !
Parfois, nous pensons qu'il n'y a pas de poisson dans le secteur que nous pêchons.
Mais par chance, nos rivières possèdent encore ; malgré la qualité de l'eau qui se déteriore ; plusieurs espèces, telles que les chevesnes: poissons gobeurs et bagarreurs, s'adaptant aux changements climatiques.
Ainsi que des barbeaux dégourdis, grands explorateurs du fond de l'eau. Mais aussi : blageons, vairons, chabots et goujons.
Chaque espèce a sa place dans l'écosystème, et doit être protégée !
Quelques fois, au bord de l'eau, nous nous demandons ce que voient les truites. Jean-Louis, grâce à plusieurs heures de plongée et d'observation, ainsi qu'une patience à toute épreuve, tenta d'y répondre.Il nous présenta alors d'autres photos subaquatiques. Elles nous permettent d'imaginer à travers une fenêtre de vision, des images déformées et effrayantes . D'un pêcheur, d'une soie flottante grossie sur la surface de l'eau, ou encore d'un bas de ligne bien trop visible à contre jour, et pour finir, une imitation qui se dédouble suivant l'endroit où elle évolue. Tout est si différent de l'autre côté du miroir !


Comme nous le savons, il n'est pas si facile de leurrer une truite adaptée à son écosystème !
Il faut choisir le bon moment, selon l'incidence des rayons lumineux.
Lorsque le soleil est au zénith, le poisson perd ses repères. La grande fenêtrede vision toute bleue est aveuglante pour lui, ce n'est donc pas le moment le plus favorable à son appétence.
La température, liée à l'intensité lumineuse, influence directement le reflexe alimentaire ; car en tant qu'animal poïkilotherme, le poisson est inféodé a son milieu.


Une grande journée. C'est le temps qu'il a fallu pour organiser cette soirée.
Mais pour nous, une grande fierté, et la chance de pouvoir profiter d'une belle présentation, et d'une exposition de qualité.
Mille merci donc à toi Jean Louis, pour ce bel exposé si riche et si enrichissant, merci beaucoup à tous ceux qui sont venus assister à cette soirée.
N'oubliez pas que l'ouverture approche, pensez donc à ne pas marcher dans l'eau, car à présent nous savons tous, ce qu'il s'y cache.
A bientôt peut être, pour un autre rendez vous... et merveilleux moments à vous tous dans la nature !!
L'équipe organisatrice.
Merci pour cet article à : Christine,Christian,Jean jacques,Jean Louis,Lio.





