FLY FISHING CLUB 06

La pêche à la mouche dans les Alpes-Maritimes

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Les lacs de haute montagne

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                                               Les lacs de haute montagne

    En lac de haute montagne…

   Ca y est nous y sommes et chaque année c’est la fête : la pêche en lac de haute montagne situés à plus de 1500m d’altitude  ouvre le premier samedi de juillet. C’est la fête pour les pêcheurs et un peu moins pour les truites.

 

 

Pour commencer, je ferais une seule référence littéraire à la pêche à la mouche en eaux closes, un livre écrit par P. Affre, P.Durantel et moi-même aux éditions Artémis et qui synthétise différentes techniques employées en réservoir, en étang et en lac de haute montagne. Le dernier chapitre sur les lacs vous précise toutes les techniques, les tactiques, les mouches Teyssié adaptées aux lacs du Mercantour. Voici donc une application très locale que vous pouvez utiliser pour faire votre propre développement. Je ne vais pas répéter tout ce qui a été dit dans cet ouvrage car nous n'en finirions pas mais je vais plutôt m'orienter pour un départ vers une note écologique. Vous pouvez également parcourir mon site sur ce sujet à : http://teyssie.free.fr/Ecosystemes/parcours/AlpesMaritimes/AM1.htm

Depuis quelques années, des pêcheurs peu scrupuleux ont au su et au vu des responsables du parc national du mercantour et des responsables de la fédération de pêche des alpes maritimes, déversés dans les Lacs de Haute Montagne (LHM) de nombreux cyprinidés utilisés comme vifs. Nous retrouvons maintenant et dans de très nombreux lacs, de plus en plus de vairons, de chevesnes, de soffies et de blageons. C'est un poids supplémentaire que les écosystèmes d'altitude faiblement productifs ne peuvent supporter. Avant les lacs étaient vierges de poissons. Les premières truites importées par les bergers qui désiraient avoir de la protéine animale pendant les transhumances, ont détruit nombres d'insectes aquatiques, de batraciens locaux et endémiques depuis des millions d'années. Les AAPPMA locales ont surenchérit ensuite pour développer un tourisme pêche en injectant par hélicoptère des truites farios et arc en ciel d'origines diverses. Certains lacs ont pris, d'autres non mais tous ont perdu leur originalité et identité millénaire. Et voici la couche supplémentaire qui arrive avec la vague des cyprinidés, pourquoi pas du poisson rouge, du silure ou de la perche soleil dans quelques années ? On note ici un bordel en terme de gestion piscicole ou de surveillance du territoire. Donc les amis moucheurs, tout cyprinidé pris doit être éliminé si vous désirez garder vos truites importées car les lacs ne peuvent pas produire de la nourriture pour tout ce beau monde et il y aura forcément des dominances populationnelles. Par contre, il serait bien de lister les lacs qui abritent des cyprinidés, d'identifier les espèces et d'envoyer les infos à notre cher Christophe Barla. Voila pour la note écolo-gestion. Maintenant, rien ne vous empêche de faire une friture de vairons pour diminuer la pression écosystémique qui se déguste avec un bon petit blanc à l'apéro...

A propos de la pêche bien plus ludique, il y a quelques règles en or à respecter en LHM :

· Une approche discrète

· Une observation indispensable avant de commencer à pêcher

· Une hydratation et un apport nutritionnel convenable avant toute action de pêche : à cette altitude, notre corps travaille pour garder de l'énergie et pour compenser une moindre tension en oxygène.

· Un repérage des zones de contraste et des mouvements des poissons.

· Une analyse des apports terrestres avec identification des insectes terrestres et bien sur aquatiques s'il y a.

· Une grande observation des veines de vents qui font dériver en surface et qui concentrent dans certaines zones un grand nombre d'insectes contre des berges, des obstacles, des risées.

· Une observation des conditions météo locale et une estimation de la durée du beau temps.

· Une évaluation d'une voie de sortie ou d'évacuation rapide en cas d'orage précipité.


Vous voila donc prêt après avoir monté votre canne, votre moulinet, choisit votre soie et vos mouches dans un coin si possible le plus reculé de la berge pour éviter les vibrations sonores engendrées par vos piétinements et qui affoleront les truites généralement postées sous les berges creuses. J'ai vu des moucheurs qui arrivaient à fond sur les bordures et lancer encore plus au large leurs mouches : de quoi bousiller un LHM surtout s'il est petit et de quoi se priver des pêches de berge très amusantes. Les truites sont à nos pieds, il suffit de les pêcher intelligemment en commençant par explorer les bordures même si les gobages du large sont bien tentant. J'aime pêcher les petits LHM car ils sont intimes et ressemblent à de grands aquaria translucides où on peut facilement détecter les mouvements des poissons et les évènements qui les entoure. Les grands lacs ventés ne m'attirent pas trop, je les trouve lugubres et ils offrent le plus souvent que les pêches de berge. Donc on démarre par l'exploration des berges avec des soies qui se posent sur l'herbe ou un support pour propulser un bas de ligne animant une artificielle qui semble tomber de la rive. Les truites sortent alors de leur cachette pour prendre sans trop de méfiance cette manne. Mais gare à la casse quand elles sont ferrées et reviennent sous les berges ou sous une souche voir un rocher. Trop de mou et c'est la rupture par frottement du bas de ligne contre l'obstacle, trop de retenue et c'est la casse par tension du bas de ligne.

J'utilise en général deux soies flottantes pour explorer les LHM. Je pêche rarement en streamers car j'aime trop voir le poisson monter sur ma mouche en ouvrant une gueule blanche. J'utilise une soie parallèle n°1 Orvis très discrète pour les approches des berges et les périodes de calme ou une soie DT4 classique Cortland silk pour les pêches plus au large dans les risées. Je fais toujours bien la distinction en LHM entre l'exploration des berges et celle des eaux centrales du petit lac que je nomme eaux du large. J'ai toujours un Vivarelli avec deux bobines. Je pêche avec une canne Winston 8.3 pieds en 4 brins pour le transport prévue pour soie de 3 ou 4. Mes bas de ligne sont toujours très longs deux à deux fois et demie la canne et il se termine avec des pointes en 10 à 6/100eme. Leur longueur procure une certaine élasticité qui compense les tensions et évite les ruptures. Plus discrets, ces bas de ligne marquent moins l'eau très éclairée en LHM par un azur pur.

Mes mouches sont divisées en deux catégories : avec ou sans collerette. Avec pour les pêches de proximité des berges, les lancers sont minimisés car on pêche près donc les mouches peuvent avoir une collerette qui ne vrille pas trop la pointe du bas de ligne. Cette collerette est très aérée et plus petite que la normale. Pour les pêches du large, pas de collerette qui vrillerait trop les pointes mais des mouches caricaturées et profilées pour flotter longtemps. Les mouches du large tombent du ciel et s'étalent dans l'eau. Les mouches des berges tombent de la rive et se débattent. Elles sont plus grosses en général car insectes terrestres alors que celles du large sont plus petites car insectes aériens. Ce n'est pas une généralité. Donc mes mouches du large doivent flotter parfaitement pour dériver longtemps dans les veines de vent. Leurs ailes sont exagérées mais souples pour avoir un contact permanent avec la pellicule de l'eau et une tension forte avec la surface. Elles ont également des tubes bodiz fixés sur la hampe et non pas enquillés dans celle ci. Fixés et tenus par un fil de montage résistant sur la hampe, ils enferment une bulle d'air et forme ainsi une bouée.

Les montages à plat (hameçon à l'horizontal) :


permettent également d'augmenter la portée du leurre imité en S comme spasmé. Les cadavres d'insectes qui dérivent dans les veines de vent ou d'eau sont déchiquetés, spasmés, tordus etc. il faut donc en profiter pour les imiter ainsi en utilisant des hameçons avec des hampes travaillées et pour plus de détails sur ces montages : http://teyssie.free.fr/Artificielles/terrestres/dipteres/diptere3.htm

En général j'utilise beaucoup d'imitations de diptères aquatique : http://teyssie.free.fr/Artificielles/insectesaquatiques/dipteres/DI1.htm
ou terrestres: http://teyssie.free.fr/Artificielles/terrestres/Terrestre1.htm pour explorer les eaux du large en LHM.
Les imitations d'insectes terrestres sont plus appropriées pour explorer les berges.

 


Nous parlions tactiques sur l'approche, nous effleurerons cet aspect sur la pêche. Je vous conseille de vous référer à notre ouvrage sur la mouche en eaux closes. Simplement, je vous incite à explorer tout d'abord les berges, puis les arrivées et les sorties d'eau du lac et enfin le grand large. Le grand large est souvent uniforme. Il s'illustre d'une surface d'eau ou d'un fond sédimentaire. Toutes risées contrastent avec l'eau calme. Tous rochers, toutes souches, tous herbiers contrastent avec le fond sédimentaire uniforme. Je nomme cela dans notre livre, les zones de contraste qui représentent des postes fixes ou mobiles. Sur ou sous ces postes se cachent, chassent des poissons statiques comme la truite fario ou plus mobiles comme la truite arc en ciel. Si les postes des berges sont faciles à lire, il faut être plus attentifs à ceux du large. S'ajoutent aux zones de contraste, les temps de contraste déterminés par le moment de la journée ou les conditions météo. Tous ces paramètres de contraste se conjuguent, s'associent, se magnifient ou se déprécient. Leurs évaluations objectives permettent de lire un LHM comme une rivière car un lac n'est pas une surface où l'on pose une mouche au hasard. C'est un écosystème fragile qui doit être décortiqué pour en tirer une analyse objective qui permet une application spécifique et un succès en terme de pêche ou de gestion environnementale. Je résume tout ceci dans le paragraphe LHM de notre livre dont je ne fais pas la pub mais il y a tellement à dire sur les LHM que je ne peux le résumer en quelques lignes.

 

  


'espère que ce petit topo vous aura mis l'eau à la bouche. Faites en sorte de représenter une élite environnementaliste lorsque vous pêcher en LHM. N'ayez pas peur de rendre compte à la Fédération de Pêche des Alpes Maritimes des abus écologiques. C'est votre devoir de sentinelles de l'eau.

Amitiés et ce sera une grande joie de vous retrouver au bord d'un LHM pour partager une passion.

JLouis.

http://teyssie.free.fr/

 

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Mise à jour le Lundi, 12 Juillet 2010 19:19  

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